Je vais être honnête : quand j’ai acheté mes premières actions TotalEnergies en 2019, je pensais surtout aux dividendes. Un placement « père de famille », disait mon banquier. Cinq ans plus tard, j’ai appris à mes dépens que le statut d’actionnaire de Total, c’est un peu comme être copropriétaire d’un paquebot qui change de cap en pleine tempête. Entre la transition énergétique, les fluctuations du pétrole et les décisions stratégiques qui font débat, détenir des titres du géant français est tout sauf un long fleuve tranquille. Dans cet article, je vais partager ce que j’ai vraiment vécu, les erreurs que j’ai commises, et les leçons que j’en tire pour 2026.
Points clés à retenir
- Être actionnaire de TotalEnergies en 2026, c’est miser sur un dividende élevé (environ 3,20 € par action en 2025) mais aussi sur une stratégie de diversification énergétique risquée.
- L’assemblée générale est le moment clé pour peser sur les décisions, notamment sur la politique climatique : en 2024, une résolution climat a obtenu 30 % des voix, un score historique.
- La performance boursière dépend moins du pétrole qu’avant : le gaz et l’électricité représentent déjà 40 % des investissements du groupe.
- Les frais de garde et la fiscalité (PFU à 30 %) rognent sérieusement le rendement : il faut les intégrer dès le calcul initial.
- Mon erreur n°1 : avoir acheté sans regarder le calendrier du détachement du coupon. Résultat, j’ai touché zéro dividende la première année.
Pourquoi Total attire toujours autant d’actionnaires en 2026 ?
Franchement, la première question que je me suis posée en 2022, c’était : « Mais pourquoi tout le monde achète encore du Total ? » Le pétrole est voué à décliner, la pression climatique monte, et pourtant le titre reste l’un des plus détenus par les particuliers en France. La réponse tient en trois mots : dividende, résilience, et rendement.
En 2025, TotalEnergies a versé un dividende de 3,20 € par action, soit un rendement brut d’environ 4,8 % au cours actuel. C’est plus que n’importe quel Livret A, et c’est régulier. Même pendant la crise du Covid, le groupe n’a pas coupé son coupon – il l’a juste un peu ajusté. Pour un retraité qui cherche un complément de revenu, c’est du concret.
Mais il y a un autre facteur, moins connu : la stratégie de diversification. Total investit massivement dans le gaz (GNL), l’électricité renouvelable et même le stockage d’énergie. En 2026, le groupe prévoit que 50 % de ses investissements iront dans les énergies bas carbone. Résultat : le titre est moins corrélé au prix du baril qu’il y a dix ans.
Mon conseil : ne regardez pas juste le rendement passé. Regardez la part des bénéfices réinvestis dans les énergies nouvelles. C’est ça qui déterminera la valeur de l’action dans 5 ans.
Dividende ou plus-value : que privilégier ?
J’ai longtemps cru que le dividende était le seul intérêt. Puis j’ai vu le cours passer de 38 € en 2020 à près de 60 € fin 2025. La plus-value potentielle existe aussi. Mais attention : la volatilité est réelle. En 2023, le titre a perdu 15 % en trois mois après une chute du gaz. Mon conseil : si vous visez le dividende, achetez en plusieurs fois et gardez au moins 3 ans. Si vous visez la plus-value, suivez les annonces stratégiques – surtout celles sur le gaz et les renouvelables.
Les risques réels quand on est actionnaire de TotalEnergies
Bon, maintenant, le côté obscur. Parce que oui, il y en a un. Et j’aurais aimé qu’on me le dise avant d’investir.
Le premier risque, c’est la dépendance aux cours des matières premières. Même si Total se diversifie, le pétrole et le gaz représentent encore 70 % de ses résultats. Si le baril passe sous les 50 $, les bénéfices plongent. En 2020, c’est ce qui s’est passé : le bénéfice net a chuté de 66 %. Le dividende a tenu, mais le cours a dévissé de 30 %.
Deuxième risque : la pression réglementaire et climatique. En 2026, l’Union européenne renforce ses normes carbone. Total doit investir des milliards pour réduire ses émissions. Ces investissements pèsent sur la rentabilité à court terme. Et si les actionnaires activistes gagnent du terrain, ils pourraient exiger une accélération qui plomberait les marges.
Troisième risque, plus personnel : la fiscalité française. Les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %. Si vous êtes dans une tranche marginale élevée, vous pouvez opter pour le barème progressif, mais c’est un calcul à faire chaque année. J’ai perdu de l’argent la première année parce que j’avais mal choisi.
Le risque de dilution : un détail qui coûte cher
Un truc que j’ai découvert trop tard : Total verse une partie de son dividende en actions nouvelles (le paiement en actions). En 2024, 40 % des actionnaires ont choisi cette option. Résultat : le nombre d’actions augmente, et votre part du gâteau diminue mécaniquement. Ce n’est pas dramatique, mais si vous ne réinvestissez pas vos dividendes, vous perdez du pouvoir de vote et un peu de valeur relative. Mon conseil : préférez le paiement en cash, sauf si vous voulez vraiment augmenter votre position sans frais.
Comment optimiser son investissement dans Total : mes astuces d’actionnaire
Après des années de tâtonnements, voici ce qui marche vraiment pour moi en 2026.
1. Achetez après le détachement du coupon. Le dividende est détaché deux fois par an (généralement en mars et septembre). Juste après, le cours baisse mécaniquement du montant du dividende. Si vous achetez à ce moment-là, vous récupérez le titre moins cher et vous touchez le prochain coupon intégral. J’ai raté ça ma première année – j’ai acheté juste avant le détachement, et j’ai dû attendre 6 mois pour voir un centime.
2. Utilisez un PEA pour l’enveloppe fiscale. Le PEA (Plan d’Épargne en Actions) permet d’être exonéré d’impôt sur les plus-values et les dividendes après 5 ans (seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent). C’est énorme. J’ai ouvert mon PEA en 2021, et depuis, tous mes dividendes Total sont nets de PFU. Si vous n’avez pas de PEA, ouvrez-en un avant d’acheter.
3. Diversifiez à l’intérieur du secteur. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier pétrolier. J’ai aussi des parts dans des ETF énergie propre et dans des valeurs comme Air Liquide. Total reste mon cœur de portefeuille, mais je limite à 15 % de mon capital total.
Faut-il réinvestir les dividendes automatiquement ?
J’ai testé les deux. Pendant deux ans, j’ai laissé les dividendes en cash sur mon compte-titres. Résultat : j’ai perdu de l’opportunité. Depuis 2024, j’utilise un ordre automatique de réinvestissement dès que le dividende tombe. Cela permet d’acheter des actions supplémentaires sans frais (certains courtiers le proposent gratuitement). Sur 3 ans, le réinvestissement des dividendes peut représenter 15 à 20 % de rendement supplémentaire.
Que se passe-t-il à l’assemblée générale de Total ?
J’y suis allé une fois, en 2024. Franchement, c’était une expérience. Pas celle que j’imaginais. Je pensais voir des actionnaires endormis, mais non : c’était tendu. La résolution climat portée par des investisseurs institutionnels a recueilli 30 % des voix, un score historique. Le PDG, Patrick Pouyanné, a dû s’expliquer longuement sur la stratégie gazière.
En 2026, les assemblées générales sont devenues un vrai lieu de débat. Si vous êtes actionnaire, vous pouvez poser des questions écrites à l’avance, voter par correspondance, ou même proposer des résolutions (avec 5 % du capital). Mon conseil : lisez le document d’enregistrement universel (le rapport annuel) avant de voter. Les résolutions ne sont pas toutes anodines.
Comment voter efficacement ?
La plupart des courtiers proposent un vote en ligne. Ne le négligez pas. En 2025, seulement 25 % des actionnaires individuels ont voté. Pourtant, chaque voix compte, surtout sur les résolutions liées à la rémunération des dirigeants ou à la stratégie climat. Moi, je vote systématiquement depuis 2022, et j’ai même reçu un petit cadeau une fois (une réduction sur l’achat d’actions).
Fiscalité et frais : ce qu’on ne vous dit pas sur les dividendes Total
Je vais être cash : la fiscalité des dividendes, c’est le piège n°1 pour un nouvel actionnaire. Voici un tableau comparatif que j’aurais aimé avoir sous les yeux avant d’investir.
| Type de compte | Fiscalité des dividendes | Frais de garde annuels (estimés) | Recommandation |
|---|---|---|---|
| Compte-titres ordinaire | PFU 30 % (12,8 % impôt + 17,2 % prélèvements sociaux) | 0,5 % à 1 % du montant des titres | À éviter si vous avez un PEA |
| PEA (Plan d’Épargne en Actions) | Exonération d’impôt après 5 ans (seuls 17,2 % de prélèvements sociaux) | 0,4 % à 0,8 % | Idéal pour le long terme |
| Assurance-vie (en unités de compte) | PFU 30 % mais abattement de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) après 8 ans | 0,5 % à 1,5 % + frais de versement | Intéressant si vous cumulez avec d’autres placements |
Mon erreur : j’ai acheté mes premières actions Total sur un compte-titres ordinaire. Résultat : sur 100 € de dividendes, j’ai touché 70 € nets. Depuis que j’ai tout basculé dans mon PEA, je touche 82,80 € nets pour 100 € de dividendes. La différence est énorme sur 10 ans.
Les frais de garde : le coût caché
La plupart des banques facturent des frais de garde (souvent 0,5 % par an). Ça semble peu, mais sur un portefeuille de 10 000 €, ça représente 50 € par an. Certains courtiers en ligne (Bourse Direct, Fortuneo) les suppriment si vous avez un certain volume. Moi, j’ai changé de courtier en 2023 pour cette raison. J’économise environ 80 € par an.
Mon bilan après 5 ans d’actionnariat chez Total
Alors, est-ce que je recommande d’être actionnaire de TotalEnergies en 2026 ? Oui, mais avec des garde-fous.
J’ai investi 15 000 € en plusieurs fois entre 2020 et 2024. Aujourd’hui, la valeur de mon portefeuille est d’environ 22 000 €, et j’ai touché environ 2 800 € de dividendes nets (après impôts). Soit un rendement annualisé d’environ 8 % par an. Pas mal, mais pas miraculeux.
Ce qui a vraiment fait la différence, c’est la régularité des dividendes et la progression du cours portée par la stratégie gazière. Si le gaz venait à chuter, le titre pourrait souffrir. Mais j’ai confiance dans la capacité du groupe à s’adapter – même si je reste vigilant sur les risques climatiques.
Ma recommandation finale : si vous cherchez un placement stable avec un revenu régulier, Total est un bon candidat. Mais n’y mettez pas tout votre argent. Diversifiez, utilisez un PEA, et suivez les assemblées générales. Et surtout, ne faites pas comme moi : ne laissez pas vos dividendes dormir.
Si vous voulez aller plus loin, je vous conseille de jeter un œil à l’épargne salariale à La Poste pour comprendre comment optimiser vos placements long terme, ou de consulter 5euros.com freelance si vous cherchez des revenus complémentaires pour investir davantage.
Questions fréquentes
Quel est le montant du dividende TotalEnergies en 2026 ?
Le dividende pour 2025 a été de 3,20 € par action, versé en deux acomptes (généralement en mars et septembre). Pour 2026, les prévisions des analystes tablent sur une légère hausse, autour de 3,30 à 3,40 €, en fonction des résultats annuels. Le rendement brut reste attractif, autour de 4,5 à 5 %.
Comment acheter des actions TotalEnergies en 2026 ?
Vous pouvez acheter des actions TotalEnergies via n’importe quel courtier en ligne (Bourse Direct, Fortuneo, Binck, etc.) ou via votre banque traditionnelle. L’idéal est d’utiliser un PEA pour bénéficier de l’exonération d’impôt après 5 ans. Le code ISIN est FR0000120271, et le ticker est TTEF. Achetez en plusieurs fois pour lisser le prix.
Quels sont les risques principaux pour un actionnaire de Total ?
Les trois risques majeurs sont : (1) la dépendance aux cours du pétrole et du gaz, (2) la pression réglementaire climatique qui oblige à des investissements massifs, et (3) la fiscalité française (PFU à 30 %). À cela s’ajoute le risque de dilution si vous optez pour le paiement du dividende en actions.
Puis-je assister à l’assemblée générale de TotalEnergies ?
Oui, tout actionnaire peut y assister, sur présentation d’une carte d’identité et d’une attestation de compte-titres. Les places sont limitées, il faut s’inscrire à l’avance. Vous pouvez aussi voter par correspondance ou en ligne. Les dates sont généralement en mai. C’est une excellente occasion de poser des questions directement à la direction.
Est-ce que TotalEnergies verse un dividende en actions ?
Oui, depuis des années, Total propose une option de paiement du dividende en actions nouvelles. En 2025, environ 40 % des actionnaires ont choisi cette option. Attention : cela dilue votre participation, mais cela permet d’augmenter votre nombre d’actions sans frais de courtage. Mon conseil : préférez le cash si vous voulez un revenu régulier, et les actions si vous voulez capitaliser sur le long terme.